NOUVELLES

CHÈRE CHAIR

Il était seul. Il pleurait. Il n’arrivait pas à jouir. Pourtant, il aimait se masturber ainsi, le soir, avant de se coucher complètement, totalement vidé. Mais cette belle fille sur papier glacé qui s’offrait à lui et aux hommes du monde entier, c’était celle qu’il aimait par dessus tout, celle pour qui il avait tout sacrifié même son amour : sa fille..

Frédérique Vianlatte ( 2016)

SAINT NICOLAS


Trois sœurs. Trois sœurs belles et fières qui aimaient la vie. Trois sœurs qui avaient refusé le mariage forcé pour être libre, le moment venu, de suivre l’amour. Mais trois sœurs brisées par la vie. Trois sœurs sans argent qui allaient bientôt devoir fermer leur cœur et ouvrir leurs cuisses. Trois sœurs qui s’apprêtaient à vendre leur corps pour ne pas mourir de froid. Il est arrivé, il les a sauvées du vice. Enfermées dans un couvent elles ont, pour toujours, échapper à la faim, la prostitution et à la liberté d’aimer.

Frédérique Vianlatte ( 1995)

PRÉCIPITATION


Au loin, les nuages noirs. Tout près, sa culotte blanche. Je l’ôte lentement avec mes dents. Le vent et sa peau frémissent. Doucement, je viens en elle. Les hautes herbes dansent de plus en plus vite, de plus en plus fort. Nos corps gémissent. L’orage gronde, nos cris transpercent le tonnerre. La pluie est déjà là. La tempête arrive, nous partons.

Frédérique Vianlatte (2020)

L’ESCLAVE AFFRANCHI

Je ne vous ai jamais aimée. Je vous ai toujours désirée. Du plus profond de mon âme, dès que je vous ai vue, j’ai eu envie de vous. Comme une envie de boire après une traversée du désert, comme le désir de vivre avant de placer sa tête sur la guillotine, comme le désir de Dieu dans l’enfer de la guerre, j’ai eu faim de vous. Faim de vos seins généreux, de votre cul rebondi, de vos cheveux blonds, de vos mains délicates. Oui, au-delà de toute raison, de toute folie, je ne pensais qu’a vous, n’avais de goût que pour vous. Oui, j’étais puceau ! Oui, vous étiez marié trois fois ! Oui, j’étais mort de trouille ! Mais ma queue bandait plus fort que la mort. La peur me déchirait les entrailles, mais rien ne pouvait ce matin – non, rien :même pas la fin du monde ou la mort de ma mère – rien absolument rien ne pouvait empêcher mes mains de caresser ce cul qui montait l’escalier devant moi. Nous avons fait l’amour sept fois. Six fois j’ai joui trop vite, mais six fois j’ai bandé aussitôt. La septième fois, à votre tour, vous avez couvert de vos cris cette chaîne essoufflée qui repasse depuis quatre heure le même CD. Plus jamais, je ne serais l’esclave du désir que j’ai pour vous. Serez-vous devenir la compagne de nos plaisirs ?


Frédérique Vianlatte ( 2011)

POÈMES


CHE SERA

Cet été
Ma beauté
Tes titis
Tendres
Terriblement tentants
Timidement tâtés
Seront
Tendrement tétés

Frédérique Vianlatte, 2020

SAUT D’EAU


Je le confesse Princesse
Quand je mate vos fesses
Je suis proche de l’ivresse

Et quand je vous encule
Ma Libellule
Je vous aime et j’éjacule

Frédérique Vianlatte,1995