NOUVELLES

SEIN VALENTIN

Il était beau. Il était le sein droit d’une femme gauche. Il s’en foutait, il ne faisait pas de politique ! Mais quand une balle perdue de la police maladroite le toucha, il hurla de douleur et elle passa l’arme à gauche.

Frédérique Vianlatte ( 2020)

FINISSONS

« Devant le derrière de devant, il y a le devant de derrière. Derrière cette énigme, qui peut se cacher? », demandent en cœur à l’assistance interloquée deux vents : Vent du Sud qui prenait par devant et Vent du Nord qui tirait par derrière. « Queue c’est scabreux! » lança une dame de devant à son voisin de derrière. Pour toute réponse , celui-ci la tire par derrière et prit sa place devant. Merde je tenais mon miroir devant/derrière. Commençons.

Frédérique Vianlatte ( 1993)

LA PRISE DU TEMPS

C’était un paysan un peu frustre, mais d’une adresse diabolique. Le jour de ses soixante trois ans, il s’en alla pécher dans la rivière qui chantait non loin de sa ferme. De ses mains nues, bien calé dans la rivière, il se mit en devoir de pécher quelques truites, à mains nues pour voir si les ans avaient ou non prise sur lui. Il avait encore le coup de main, ses prises furent si bonnes qu’il en oublia le temps qui filait. Il attrapa une douzaine de poissons et un coup de froid qui le conduisit droit au cimetière.

Frédérique Vianlatte ( 1996)

UN

Un homme. Un soir d’été. Un bar enfumé. Un sourire charmeur lancé comme une bouée de sauvetage à la serveuse débordée. Un regard charmé. Un coup tiré trop vite fait sur le comptoir à la fermeture. Un souvenir imprécis embué d’alcool. Un de plus….

Frédérique Vianlatte ( 1995)

DEUX

Deux bras, deux jambes, deux yeux, deux narines, deux femmes. Pourquoi, mais pourquoi, bon dieu avait il fait deux enfants à cette femme avant de rencontrer l’amour de sa vie? Garçon, deux autres whisky s’il vous plait!

Frédérique Vianlatte ( 1995)

TROIS


Trois ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Trois ans d’attente pour se retrouver, enfin, au troisième étage de cet hôtel de Troyes. Trois jours et trois nuits d’amour intense, de plaisir partagés à …trois.

Frédérique Vianlatte ( 1995)

SOLEIL

Le soleil est mort. Tu es partie. En colère contre tout : moi, le boulot, les gosses, ce temps de merde. Tu voulais du soleil, des rires, du sexe, du soleil encore. Tu es partie vite. Beaucoup trop vite… morte sur l’autoroute du soleil..

Frédérique Vianlatte (1995)

PARTIE

Il restait là, seul, assis comme un vieux con, devant la télé, dans ce canapé qu’elle détestait. Elle était partie. Sans prévenir. Laissant sa brosse à dent dans le salle de bain, un string dans la machine à laver et une paire de chaussette en laine dans le fond du lit. Rien d’autre. Pas un mot, pas une photo. Elle était partie, emportant la joie, l’amour, les enfants. Pourquoi ? Mais pourquoi l’avait-t-il trompée ?

Frédérique Vianlatte (2016)

POÈMES

LE GRAND SOT


Plonger en soi-même
C‘est plonger dans le vide
Sans jamais heurter le sol
Tout est creux
Sans fin
Vide

Le néant infini
D‘une âme finie

Frédérique Vianlatte (2020)

Vide

ÊTRE LA

Être là
Pour ne plus être demain
Goûter le présent
Jouir
Intensément

Frédérique Vianlatte (2016)

BIS REPETITA


L‘amour est bègue
C‘est un cœur à cœur
Qui ne trouve ses mots
Que dans un corps à corps

Frédérique Vianlatte (1998)

PRENDRE LE TEMPS DE LE PERDRE


Le bonheur perdu ne se rattrape plus
Embrassons nous de baisers fous
Le bonheur gagné ne se perd jamais

Frédérique Vianlatte (2020)

NUIT NUE


Nue et fière
Tu nages
Dans les nénuphars
Enchantés
De mes rêves
Ensoleillés

Frédérique Vianlatte (2020)

EXPLOIT

Quel pied!
Quel pied!
La masturbation quel pied!
D‘une seule main….

Frédérique Vianlatte (1998)

BANDAR FOU

C‘est le Moebius de la chanson
Il dessine notre univers
A coups de scalpels ensanglantés
Il bande pour toi
Vomit les tièdes
Et danse pour nous
Quid de son amanite phalloïde ?

COUPABLE !

Frédérique Vianlatte (2019)

VIEUX SOUVENIRS


Partir nu
Sans illusion
Revenir habillé
De rêves

Souvent
Les voyages
Détruisent
La jeunesse

Parfois
Ils aident
A vivre
La vieillesse

Frédérique Vianlatte (2020)