JOUONS SANS TARDER AU TAROT

JOUONS SANS TARDER AU TAROT
Le destin mêle les cartes et nous jouons
(Arthur Schopenhauer)

La vie est née du hasard et de la nécessité. L’agonie que nous subissons dans cette société de marché est née de la cupidité et de la résignation. Pourtant, les cartes ne sont pas distribuées une fois pour toute. Apprenons à les battre et à les rebattre. Jouons aux cartes pour mesurer que, si la chance existe, le destin n’est jamais une fatalité.

Nous n’avons pas toutes les cartes en mains, mais nous en avons certaines. Nous n’avons pas tous les atouts dans notre jeu, mais nous pouvons les jouer à bon escient. Souvent, au tarot, quand tous les atouts sont tombés, le roi de pique doit s’incliner devant le deux de cœur. La puissance n’est rien, le moment est tout.

Jouer au tarot, c’est jouer. Passer un moment convivial avec des amis. Quitter l’obligation de productivité, mettre de côté ses soucis, retrouver, un instant, ce temps de l’enfance, cette joie de vivre qui, lentement, nous a quittée. Jouer, oui mais sans se dépenser, sans cette contrainte physique du sport qui libère parfois la tête, mais qui réclame santé et effort. Nul effort physique pour jouer au tarot, juste un effort de pensée. Or cet effort de pensée est déjà une victoire dans ce monde où tout est fait pour qu’on ne pense plus.



(Frédérique Vianlatte in Pour résister au capitalisme faisons la sieste, L’Harmattan, 2019)




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